Dieu t'en garde, Seigneur, cela ne t'arrivera jamais

Avant le texte de ce dimanche (Matthieu 16, 21-27), il est dit : « alors il (Jésus) enjoignit aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Messie » (verset 20). Pourquoi ? parce qu’un Messie, c’est un vainqueur, c’est connu ! dans l’Ancien Testament, le Messie ne peut souffrir, ni être tué, mais il domine ! comme dans Michée « Et toi, Bethléhem Éphrata, Petite entre les milliers de Juda, De toi sortira pour moi Celui qui dominera sur Israël, Et dont l'origine remonte aux temps anciens, Aux jours de l'éternité. » Michée 5:2

Et si les poèmes du Serviteur souffrant ont une place importante dans la bible (Isaïe 52-53), ils ne sont pas une figure du Messie au 1er siècle… Et quand Pierre lui a dit : « tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant », c’est le Messie puissant qu’il a dans la tête (il fait des guérisons) et lorsque Jésus lui dit qu’il lui faut souffrir et être tué, il est heurté ! Mais « tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celle des hommes », lui dira son maître !

 

La pensée de Dieu, c’est que Jésus ‘aille au front’, qu’il assume tout ‘pour nous’ : la haine des hommes, la crucifixion, la solitude, les douleurs du corps et de l’âme et la mort elle-même. Pourquoi ? Pour les traverser et vaincre le mal… Et l’ayant traversé avec foi, espérance et charité, Dieu le Père le ressuscite… Dieu le Père peut-il laisser son fils qui l’a aimé dans la mort ? non ! la résurrection est le but final de la Croix : « car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé… et c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. » (Jean 6, 38) Nous sommes faits pour la résurrection !

 

La souffrance, certes, doit être combattue (ex : les soins palliatifs), ne soyons pas doloristes ! Mais il nous faut apprendre à dire ‘oui’ à nos souffrances quotidiennes, à ne pas fuir nos décisions où la souffrance est entrevue et à laisser les appels du Christ (et ses souffrances à venir) faire en nous leur chemin d’acceptation… car Jésus les a vécus… « si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » C’est le seul chemin pour, comme le Christ, connaître la Résurrection !

 

+ Père Jean-Michel Moysan, curé

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